Laiterie/Élevage

 

Le Projet Beer Shéba a commencé un projet d’engraissement de bétail en utilisant de l’herbe locale comme pâture et des sous-produits venant de la reforestation comme compléments. Dans le futur, nous pourrions également accueillir du bétail des villages avoisinants dans un système d’étables d’engraissement personnalisé. Ainsi, les fermiers locaux pourraient partager les bénéfices générés par l’engraissement de bétail sans la nécessité d’une zone d’engraissement sécurisée. Ce genre d’organisation contribuerait à la protection de l’environnement (moins de bétail errant), à la sécurité des revenus familiaux (moins de vol, moins de maladies) et permettrait un essor plus efficace du bétail sénégalais.

Dans le futur, nous ouvrirons une exploitation laitière car l’opportunité existe vraiment pour ajouter de la valeur au cours de la transformation des produits laitiers destinés au marché local.

Par ailleurs, nous prévoyons également que la volaille soit une partie intégrante de notre projet. Les stagiaires ont toujours commencé à une petite échelle. Nous l’agrandirons sous peu au niveau de la production. 

Dans un article intéressant concernant la production laitière au Sénégal, Laurence Boutreux (AFP) a écrit :

« Le Sénégal possède 3 millions de bovins, mais du lait en poudre européen est importé et se retrouve au petit-déjeuner, dans le café ou le yaourt local alors que les consommateurs n’ont pas accès au lait frais des infrastructures pauvres. Dans la banlieue de Dakar, « le lait en poudre contenant des graisses végétales » originaire de France est versé dans de grands réservoirs et mélangé avec de l’eau filtrée à l’usine Jaboot pour fabriqué des spécialités locales comme le lait caillé, les yaourts et les céréales ou « thiakri ».

En 5 ans, le Sénégal à plus que doublé sa note d’importation passant de 25 milliards de francs CFA (38 millions d’euros ou 52 millions de dollars) en 2002 à 58 milliards en 2007, dit Djiby Dia, chercheur à l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole.

Alors que Jaboot a déclaré son intention de « substituer progressivement le lait en poudre par du lait local » son expansion rapide à conduit à importer de plus grandes quantités.

« C’est parce que le plus grand problème demeure le ramassage et le transport du lait frais » dit le directeur Pierre Ndiaye dans une interview.

Le lait abonde principalement en zone rurale. Mais ces méthodes traditionnelles de production sont irrégulières, selon les saisons, et ne sont pas capables de couvrir les besoins de la population totale.

Les routes vers les fermes pour la plupart impraticables et un nombre insuffisant de camions réfrigérés rendent plus difficile l’accès aux consommateur.

Lorsque la saison des pluies arrive dans la région isolée de Ferlo, dans le nord, une abondance de lait et un manque d’infrastructure signifie que « la plupart des fermiers répandent leur lait sur le sol pour être lapé par les vaches », dit Dia, l’auteur d’une thèse sur la « géographie du lait » au Sénégal.

Les chaînes de production ont besoins d’être organisées, professionnalisées et encouragées - mais la poudre importée envahit toujours les marchés des villes, aussi bien que ceux de la brousse.

Dans le village de Nikhar, situé à 155 kilomètres (91 milles) de Dakar, le technicien agricole Mamadou Niassy admet consommer chaque jour, dans sa propre famille, du lait en poudre. « Je préfère le lait non-pasteurisé mais il n’est pas disponible, bien que je vive à quelques kilomètres d’un fermier », dit cet homme de 55 ans.

À Dakar, le directeur du ministère de l’agriculture, Mamadou Ousseynou Sakho, explique que « en ce moment, les conditions de collecte et de transformation du lait sont encore très rudimentaire. » Il dit que le gouvernement encourageait une augmentation dans l’essor de l’industrie micro-laitière « c'est-à-dire les petites installations rurales où le lait est pasteurisé, mis en sachet, transformé en yaourt, etc. » En 2009 le gouvernement a acquis 10 micro-laiteries supplémentaires « que nous pourrons bientôt mettre en place », dit-il.

De plus en plus souvent, les chercheurs contestent l’inégalité des lois du commerce international, comme le lait des pays pauvres qui se trouve en compétition avec le lait des pays riches. Un débat sur la question de savoir si des droits de douane plus élevés devraient être imposés au lait en poudre importé est totalement tombé à l’eau étant donné que les plus grands importateurs constituent un groupe de pression influent et qu’ils n’ont que peu d’intérêt à payer davantage.

Bagoré Bathily, directeur-général de la Laiterie Berger - la première unité industrielle pour la collecte et la transformation du lait local - veut des « incitations fiscales » pour ceux qui donne la priorité à la production locale. En 2008, au milieu de la crise alimentaire mondiale, « le gouvernement suspendit les taxes sur certains aliments importés comme le lait », dit Sakho.

Actuellement, « les petites industries veulent que la TVA sur le lait produit au Sénégal soit supprimée afin que la production locale soit plus compétitive ; mais il y a un gros problème… une réflexion d’ensemble doit être menée », dit-il.

Traduction de l'article publié sur le site Beer-Sheba Project.

Date de dernière mise à jour : 07/08/2017