Production de charbon de bois

En mars 2011, nous avons commencé à produire notre première fournée de charbon de bois à Beer-Shéba. Ce fut pour moi une occasion très intéressante de m’y impliquer, car, pour ma part, je n’ai jamais vraiment beaucoup réfléchi à ce travail. Le charbon de bois était simplement une de ces choses que vous achetez sur le bord de la route pour votre barbecue. Ce qui m’a le plus surpris, c’est la somme de travail nécessaire pour transformer le bois en charbon (pour en savoir davantage sur le sujet, voir cet article sur Wikipédia).

Durant la première semaine de mars, j’ai passé trois matinées dans la brousse avec une tronçonneuse, élaguant et taillant les arbres. Beaucoup d’acacias ont deux ou trois troncs partant de la base. Nous coupons alors le surplus ainsi que les plus grosses branches basses ; et voilà, nous avons du bois à mettre sur le tas de charbon et un arbre de belle apparence qui continuera à grandir ! L’objectif était d’obtenir 20 stères de bois, coupé à une longueur de 1m (une stère est un volume de 1mX1mX1m). L’objectif évoqué consistait à couper environ 75 acacias moyens pour répondre à ce besoin. J’en ai abattu à peine plus de cent et nous avons découvert qu’il y a une certaine « interprétation » dans ce qui est considéré comme « moyen ». Avec les arbres que nous avons coupés, nous avons obtenu 17 stères.

Après avoir abattu les arbres et m’être frayé un passage au travers des épines afin de couper à 1m de long les grosses branches restantes, nos copains, Gabby et Mbounda, finirent le travail fastidieux de nettoyage et de découpage des branches restantes avec leur machette.

Ensuite, il a fallu sortir tout le bois des buissons et l’entasser là où nous voulions construire notre première meule. Heureusement pour nous, les merveilleux hommes et femmes de l’église de Faylar se sont manifestés pour nous aider encore une fois. Sans leur aide, nous aurions dû embaucher dix gars durant quatre jours pour faire ce qu’ils ont fait en une journée. Avec les quarante jeunes adultes qui sont venu, nous avons sorti tout le bois des broussailles et l’avons joyeusement entassé jusque vers quinze heures !!! Incroyable puissance du nombre ; et nous sommes tellement reconnaissant envers ceux qui sont venus et qui ont donné bénévolement de leur temps pour ce projet. Comme il est de coutume, nous avons préparé, à la fin de la journée, un grand repas pour tous.

Quelques gars sont restés les jours suivants pour une formation classique supplémentaire utilisant la technique de production de charbon de bois que nous allons suivre à Berr Shéba. Nous allons suivre une méthode qui a été développée dans la région du Sud-Sénégal, la Casamance. Elle a rendement de production de charbon d’une efficacité de près de 30% supérieure en utilisant la même quantité de bois ! Évidemment, cela correspond bien à ce que nous essayons de faire avec notre programme de gestion forestière et nous avons eu un expert très compétent venu de Casamance qui nous a préparés la semaine dernière.

Ci-dessous, les photos de la méthode pas à pas. Pour une information plus détaillée sur celle-ci et qui a été publié par GT2 ; pour le télécharger, cliquez ici (c’est en français !)

Une fois le bois sorti des broussailles, il est entassé en quatre tas de taille égale.

Tout le bois d'acacia a été sorti de la forêt  à l'aide de charriettes tirées pas des chevaux/ânes.

Jeunes et vieux nous ont aidés.

Quelques femmes chargent la charette durant la journée de travail.

Une fois le bois entassé, nous avons creusé dans le sol/sable un trou de 20 à 30 cm.
Puis nous avons fait un tas sur le côté afin de l'utiliser pour recouvrir la meule à la fin.

Voici un shéma qui illustre les différentes méthodes.
La méthode casamançaise permet d'améliorer et de maintenir la circulation d'air, ce qui augmente l'efficacité.

Un autre shéma illustrant la construction de la meule avec ses différentes couches.

Mesure du volume de chaque tas :
longueur X profondeur X hauteur moyenne.

Première  couche en billes de taille moyenne et augmentation du rayon extérieur de 2 m,
petit cercle au centre pour le charbon qui servira d'allumage.

Réalisation pratique du plan de la photo précédente.

La couche suivante, disposée sur la première, est composée de petites branches
placées 
de façon circulaire afin de former la base.

Trou central dans lequel se fera la mise à feu du combustible .

La couche suivante est composée de bois moyen et commence à prendre une forme conique.

Ajoût au centre du 1er petit morceau de bois d'allumage.

Après avoir ajouté tous les gros morceaux, une autre couche de bois moyen ;
nous les recouvront avec une autre couche de petites branches.


La phase suivante consiste à ajouter du foin pour couvrir la meule ;
il servira de barrière pour le sable.

Trois charettes remplie de foin sont nécessaires pour couvrir la meule, le sable viendra ensuite.

Préparation de l'ouverture pour la mise en place de la cheminée.

Construction de la cheminée.

La meule est entièrement recouverte de sable afin de créer une chambre de combustion étanche.

Feu sur le côté afin de permettre l'allumage du charbon de bois que nous avons déposé
dans le trou central de la meule lors de sa construction.

Houston ! Allumage !

Nous laissons à la base de la meule une surface sans sable afin d'améliorer l'aération du point d'allumage.

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Maintenant, la meule à besoin de fonctionner durant 4 jours ; et après cela, voilà : du charbon de bois !

Quatre jours plus tard, on commence à mettre au jour le produit fini !

Tas de charbon de bois mis à part pour refroidir.

Notre excellent instructeur Casamançais, M. Ousmane GOMIN

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